Ou bien, "A l'ombre des cactoi" pour les ardents hellénistes

lundi 22 juin 2009

Rencontre avec les nettoyeuses

Comment garder sa dignité quand on est au parc d'enfant, devant le quartier entier réuni, qu'on vient de négligemment s'agenouiller sur une fourmilière et que ses charmantes petites bêtes ont entrepris des grands travaux d'exfoliation sur votre mollet gauche?
Dignité fortement compromise à partir du moment où vous commencez à enchainer un piétinement frénétique visant à empêcher une nouvelle escouade de bestioles de monter sur les tibias tout en combinant un frottement des mollets pour se débarrasser des guerrières en action.

"-Nous improviseriez-vous une nouvelle danse, ma mie?
-Non, j'ai décidé de me lancer dans la politique, il parait qu'il est très tendance de bien savoir gesticuler."

lundi 15 juin 2009

ID sans idée

Vincent, la petite puce et moi étions à la caisse "self checkout" de Walmart, où l'aimable consommateur est prié de comptabiliser ses achats par lui-même.

Bip...le demi galon de produit pour les bulles
Bip...les feuilles de laurier
Bip...le gallon de jus d'orange
Bzoo...la bière
Zut...une caissière doit contrôler mon âge pour s'assurer que j'ai plus de 21 ans.

La dame arrive, la gueule hargneuse et le cheveux gras.
"Both parties's IDs/ pièces d'identités du couple." Exige t'elle.
A ce moment j'ai douté.
"Ai-je bien compris? "
Je lui tends mon permis. Mais elle se tourne vers Vincent et répète:
"Both parties's IDs."
Et comme nous rechignons, elle explique que c'est la politique de Walmart. Ébahis, nous lui montrons la poupette et nous lui expliquons qu'elle n'a pas 21 ans.
La réponse de la caissière?
"-C'est un enfant.
-Oui merci j'avais remarqué et alors?
-Et alors, vous pouvez acheter de la bière avec un enfant mais pas avec un jeune adulte."

Donc soyez prévenus, vous pouvez acheter de l'alcool à Walmart avec votre fils si ce dernier a 6 ans mais pas s'il a 20 ans et surtout n'oubliez pas de vérifier que la personne qui attend derrière vous est d'age mûr, sait-on jamais si la mesure s'étend à un certain périmètre.

mercredi 10 juin 2009

Horsepower

Ma maison est noyée au milieu d'une foultitude de maisons semblables qui pourrait ressembler à n'importe quel lotissement des Etats-Unis. Mais un détail me rappelle que je vis en Arizona, chez Cochise et Geromimo, dans l'état des auto-proclamés "authentiques cowboys" qui se vexent dès qu'ils entendent parler du Texas.
On peut trouver un peu de cet esprit du farwest ni dans les rues d'un Old Scottsdale de western spaghetti ni dans les magasins de bijoux indiens étiquetés "made in china" mais juste au détour d'une piste longeant un canal à coté de chez moi, au cœur de l'agglomération, à juste 20 minutes du centre des affaires jouxtant l'aéroport*. Voilà, à Gilbert, la piste n'est pas cyclable mais équestre:


Ce n'est pas un rack à vélo mais bien une barrière pour attacher sa monture et juste à coté, un abreuvoir.

Et le plus amusant, alors que la piste coupe une grande avenue, nul besoin de descendre pour appuyer sur le bouton qui commande les feux de signalisation:
Je soupçonne quelques filleules et marraines d'être déjà jalouses...


*Oui l'aéroport est en plein millieu de la ville.

jeudi 4 juin 2009

Tanguy s'apelle Marc

Ah les rencontres entre blogueurs! De grands moments!
Qui parfois s'étirent, s'allongent, débordent, n'en finissent plus...

Voici le carnet de voyage d'une rencontre à rebondissement.

Printemps 2007, "Enchanté":
Je découvre le blog "Transam" de Marc Gibaud,un photographe, motard, qui aime voyager et qui commence sa grande remontée des Amériques. Nous échangeons quelques rares e.mails.


Juin 2008, "Je ne viens pas":
Notre petite famille débarque en Arizona.
Marc publie des photos de Colombie et du Vénézuela.
Je lui signale que nous sommes sur le continent et que nous serions ravis de l'héberger.
Il me répond avec circonspection. Phœnix n'était pas prévu sur son trajet.

Début Avril 2009, "En fait, je viens":
Je reçois un e.mail de Marc qui me dit qu'il est aux Etats-Unis, et qu'il serait ravi de faire notre rencontre. Il aimerait faire des photos du cimetière d'avion de Tucson mais qu'il n'arrive pas à obtenir les autorisations.

Fin avril 2009, Bredouille:
Je ne connais personne qui ait vu le fameux cimetière, je ne peux pas aider Marc.
De son coté, il a des ennuis mécaniques, il est coincé sur Los Angels.

Mi-Juin, "j'arrive bientôt":
Marc nous prévient qu'il devrait venir manger la semaine du 24.
Aucun problème de notre coté, je lui signale qu'on a des futons qui ne demandent aucune préparation, l'auberge est ouverte.

Lundi 24 juin, memorial day "J'arrive":
Des petits ennuis de santé nous ont cloués à la maison, nous sommes là lorsque le téléphone sonne. Marc vient de partir d'L.A.
Il arrive en fin d'après-midi mais sa moto a une fuite. Il faut qu'il reste pour la nuit car il doit amener son destrier le lendemain chez le concessionnaire BMW/Ducati où Vincent a acheté le sien. C'est indéniable, ça crée des liens.

Mardi 25 juin, "Je reste":
Au revoirs déchirants, Nous souhaitons à Marc un excellent voyage et tout et tout...
18 heures, je reçois un coup de fil : Marc est immobilisé à Scottsdale. Une pièce a lâché à tout juste un kilomètre de chez le mécanicien. Il a pu pousser la moto jusque là mais la pièce en question n'arrivera que Jeudi. A la maison, une soirée pizza s'annonce.

Mercredi 26, On commence à prendre des habitudes:
Avec la moto bleue prêtée par BM et la rouge de Vincent, les garçons jouent aux gendarmes et aux pompiers. Ils vont prendre des photos de Phoenix à l'heure bleue.
Même pas drôle, c'était prévu.


Jeudi 27, Nous mangeons du Gibaud's:
Vincent avant de partir au travail:"Au revoir! on reste en contact. Bye "
Marc: "Au revoir et si jamais je suis encore là ce soir je promets que c'est moi qui cuisine."
Il a cuisiné.
La pièce n'était toujours pas arrivée.


Vendredi 28, Marc hérite du surnom de Tanguy:
Vincent se demande si c'est bien raisonnable de dire au revoir.
Marc:" Si je suis encore là ce soir. Je te laisse essayer la BMW, la vraie, la blanche, celle qui a roulé sur la neige d'Ushuaya"
Vincent n'a pas essayé la moto.... ce n'était pas raisonnable après le Cognac.

Samedi 29, Chez le sénateur Mc Cain:
J'ai machiavéliquement réussit à convaincre Marc de nous accompagner à Sedona en lui montrant des photos. Nous quittons Phœnix dans la matinée, il fait déjà chaud autour de 100°F/38°C, notre photographe aventurier porte un short et un tee shirt léger. Mais, à peine arrivé sur le plateau qui couvre tout le nord de l'Arizona, nous sommes accueilli par de gros nuages d'orage qui martèlent une pluie épaisse, heureusement de courte durée. Nous sommes frigorifiés dans la voiture. Nous allumons le chauffage en envisageant sérieusement l'élaboration d'un feu de camp entre les sièges. Marc, dehors, en tee shirt, roule tranquille, avec un grand sourire. Même pas mal.

Les éclaircies nous ont tout de même permis de profiter du Devil's Bridge.

Mais nous avons fini la journée dans un café, à attendre la fin des averses. Nous étions trempés et transis. Marc semblait ravi. Il est parti en direction du nord. L'aventure Étasunienne commençait enfin.

lundi 1 juin 2009

1 an en 12 photos: La nature en Arizona

Paysages:


Sedona en été

Tucson à l'automne

Le Grand Canyon en hiver

Supersitition mountain au printemps

Végétation

Barrel cactus
(Probablement un candy barrel cactus)
filaree

Prickly Pear

la tranche d'un cactus
avec l'étonnante constatation qu'il y a du bois à l'intérieur du cactus.



Insectes

Buckeye

Monarque

reptiles






Dire qu'il y a tout juste un an, nous traversions le pacifique.

vendredi 29 mai 2009

Promo

J'ai l'orteil qui me chatouille.
Il y a probablement un fil qui traine. Un petit fil de rien du tout vient perturber mon audition émue de la jolie chanteuse.
"Oh say, can you see...."
ça gratte
...by the dawn's early light"
ça démange franchement.
J'écoute droite, stoïque, l'hymne national qui entame la cérémonie de clôture de l'école primaire pour les 6èmes de l'école. Je ne me laisserai pas perturber par un petit morceau de ficelle sadique.
"....the land of the frEEEEEEEE....."
Je suis toujours impassible
".....eeeeeeeeee...."
Je ne bouge pas
".....eeeeeeee......"
Mais ce n'est pas possible qu'une gamine tienne la note aussi longtemps!
"eeee..e.e..e"
Je décèle un léger essoufflement
"... and the home of the brave."
C'est fini! J'applaudis avec un enthousiasme non contenu. Il est temps de tenter un discret gratouillage d'orteil. Hélas, comme à la messe, tout le monde s'assoit et se redresse. L'assemblée pénétrée récite: "I pledge allegiance to the flag of the United States of America..." Après avoir chanté la bannière étoilée, on lui porte allégeance sans aucune compassion pour mon orteil qui me chatouille. Heuresement la prière est courte. Nous sommes enfin assis pour écouter le discourt de la directrice. J'ai espoir d'atteindre du bout des doigts la zone irritante mais ma voisine n'est visiblement pas très interressée par ce qui se passe sur scène et me tient le crachoir. Son fils grandit, il ne veut pas qu'elle vienne le prendre en photo avec sa maitresse. Sa fille elle est plus tolérente etc...
Enfin le moment attendu approche. C'est la remise des "diplomes". Chaque élève est appelé l'un après l'autre et la directrice lui remet un poéme roulé dans un ruban sous les acclamations des autres élèves. Les filles ont sorti le grand jeu avec des robes tout à fait appropriées pour une remise des oscars.
Finalement la cérémonie se conclue par un long diaporama des photos de l'année. Ma voisine s'endort. Je peux enfin chasser ce petit fil qui chatouillait mon orteil.

vendredi 22 mai 2009

Yeeppee-o-ki-yee!

La prunelle de mes yeux, la joie de son papa, la fierté de sa maitresse, notre Miss à nous est officiellement déclarée bilingue, avec diplôme à l'appui.

"Whaouuuuuu" Crie la multitude exaltée.

Ma bicoulinette a réussi son test d'anglais. Elle n'a plus besoin de soutien et peut suivre le cours normal d'une scolarité en Arizona.

"Whaouuuuu" Crient tous les coyotes d'Arizona, unis en meute pour l'ovation de ma princesse.

Son enseignante d'anglais était enthousiaste, c'était la première foi de sa carrière qu'un de ses élèves réussissait cet examen en moins d'un an.

"Whaouuuuu" Crie son papa encore plus bruyamment que tous les coyotes d'Arizona.

Mis à part la fierté pour ma poupette qui indéniablement a hérité de l'intelligence de sa maman*, je dois tout de même reconnaitre, à mon grand désagrément, que l'élitiste lycée Franco-Japonais de Tokyo lui a manifestement inculqué une méthode de travail. Au prix d'un travail énorme, d'une anxiété permanente, elle y a acquit d'excellentes bases. Pourtant, c'est cette année qu'elle a pleuré. Non pas affligée par ses piètres résultats mais juste à la sortie, le dernier jour, elle était triste que l'école soit finie.


* Ce propos est fortement contesté par Vincent qui se figure être à l'origine de l'intelligence de sa fille.